Le Mondial de l’Auto ouvre ses portes à Paris dans un contexte paradoxal : le marché automobile français reste marqué par un parc largement thermique, mais les achats neufs basculent de plus en plus vers la voiture électrique. Depuis le début de l’année, près de 360 000 modèles électriques ont été immatriculés, soit environ 30 % des ventes de voitures neuves, selon les données du SDES. En parallèle, les transactions de véhicules électriques d’occasion accélèrent nettement.
La flambée des carburants, les aides à l’achat et l’arrivée de modèles plus accessibles contribuent à ce changement. Les visiteurs du salon, ouvert aux professionnels le 12 octobre 2026 puis au grand public à partir du lendemain, pourront aussi mesurer les défis qui restent à relever : prix d’achat, accès aux bornes de recharge et adaptation des usages. Pour Camille, conductrice fictive qui envisage de remplacer sa voiture familiale, la question n’est déjà plus seulement de choisir une motorisation, mais de trouver celle qui correspond à son budget et à ses trajets. Le Mondial met ainsi en scène une transition énergétique déjà visible dans les immatriculations, mais encore loin d’être achevée sur les routes.
Mondial de l’Auto : l’électrique pèse près de 30 % du marché neuf
Le contraste entre le parc roulant et les ventes récentes est saisissant. Au 1er janvier 2026, la France comptait environ 40 millions de voitures particulières, dont 93 % étaient thermiques : 46 % diesel, 40 % essence et 7 % hybrides non rechargeables. Les voitures électriques représentaient 3,5 % du parc, devant les hybrides rechargeables à 2 % et les véhicules au gaz à 1,5 %.
Ce parc, dont les véhicules ont en moyenne près de douze ans, évolue lentement. Les achats de voitures neuves dessinent une autre trajectoire : près de 360 000 électriques ont été immatriculées depuis janvier, sur environ 1,3 million de voitures neuves, soit une part arrondie à 30 % et une hausse de 74 % sur un an. Cette progression dépasse déjà le total de 2025, avec 331 000 immatriculations électriques, contre 295 000 en 2024.
| Indicateur | Donnée | Ce qu’elle révèle |
|---|---|---|
| Part électrique dans le parc français au 1er janvier | 3,5 % | Le renouvellement du parc prend du temps |
| Voitures électriques neuves immatriculées depuis janvier | Près de 360 000 | Une progression de 74 % sur un an |
| Part électrique du marché neuf en 2026 | Environ 30 % | Les achats récents accélèrent la mobilité électrique |
| Électriques d’occasion transférées de janvier à fin août | 162 032 | Une hausse de 52 % sur un an |
Un mois d’août révélateur pour la voiture électrique
En août, 36 000 voitures électriques ont été immatriculées, soit 38,2 % du marché neuf du mois. Elles ont devancé les hybrides non rechargeables, à 36,8 %, tandis que l’essence représentait 12,3 %, les hybrides rechargeables 6,3 %, les modèles au gaz 4 % et le diesel 2,4 %.
La Tesla Model Y et la Renault 5 figuraient en tête des ventes électriques. Ce résultat illustre aussi l’importance de l’offre : une citadine comme la Renault 5 peut répondre aux déplacements quotidiens, tandis qu’un SUV électrique vise d’autres usages. Pour suivre l’évolution des immatriculations estivales, les chiffres des voitures électriques en France en août donnent un aperçu concret de ce basculement.
Marché automobile français : l’occasion électrique gagne aussi du terrain
Le changement ne concerne pas uniquement les acheteurs de voitures neuves. De janvier à fin août 2026, 162 032 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, soit une hausse de 52 %. Cette progression élargit l’accès à la mobilité électrique à des ménages qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas financer un modèle neuf.
Pour Camille, l’occasion pourrait être une étape plus réaliste que l’achat immédiat d’une voiture neuve. Elle permet de comparer le prix, l’autonomie et l’état de la batterie, tout en gardant à l’esprit que l’usage dépend aussi des possibilités de recharge à domicile ou à proximité. Un guide consacré à l’achat d’une électrique d’occasion peut aider à examiner ces critères avant de se décider.
Cette dynamique repose également sur l’élargissement de la gamme et sur des dispositifs qui réduisent le coût initial. Les aides publiques et le leasing social peuvent rendre certains modèles plus abordables, tandis que les offres sous la barre des 25 000 euros attirent l’attention des automobilistes au budget serré. La hausse de l’occasion montre que l’électrification ne dépend pas seulement des nouveautés présentées au salon : elle passe aussi par la seconde vie des véhicules.
Prix, aides et recharge : les critères qui pèsent dans la décision
Le prix reste déterminant : la moitié des Français interrogés dans l’observatoire Cetelem de l’automobile 2027 le citent comme premier critère pour acheter une voiture neuve. Pourtant, 60 % déclarent envisager un véhicule électrique ou hybride, alors que les coûts d’usage et les prix des carburants préoccupent davantage les automobilistes.
Les aides à l’achat et le leasing social peuvent réduire l’écart financier avec un modèle thermique, mais elles ne répondent pas à toutes les questions. Avant de signer, un conducteur doit aussi anticiper ses trajets, vérifier la disponibilité des bornes de recharge et comparer les coûts réels selon son kilométrage. Le fonctionnement du leasing social pour une voiture électrique est donc un élément utile à examiner, tout comme les modèles électriques à prix plus contenu.
- Évaluer le budget total : intégrer le prix d’achat, les aides possibles, l’assurance et la recharge.
- Comparer les trajets habituels : une autonomie importante n’est pas indispensable à tous les conducteurs.
- Repérer les solutions de recharge : domicile, lieu de travail et bornes accessibles sur les parcours réguliers.
- Pour une occasion, contrôler la batterie : son état et l’historique du véhicule comptent autant que le prix affiché.
La transition énergétique s’accélère, mais le parc reste à renouveler
Les chiffres des voitures neuves ne doivent pas faire oublier l’ampleur du défi : les véhicules thermiques dominent encore très largement les routes françaises. Le renouvellement du parc est progressif, car une voiture reste en circulation de nombreuses années. La transition énergétique se joue donc à la fois dans les ventes, sur le marché de l’occasion et dans l’aménagement des infrastructures.
Les bornes de recharge sont essentielles pour rendre la mobilité durable plus pratique, notamment pour les personnes qui ne disposent pas d’un stationnement privé. L’innovation automobile peut améliorer l’autonomie et la rapidité de recharge, mais l’expérience quotidienne dépend aussi de la densité du réseau et de sa fiabilité. C’est l’un des enjeux que les constructeurs automobiles mettent en avant au Mondial, aux côtés des nouveaux modèles et des solutions hybrides.
La France n’est pas seule dans cette évolution. En Allemagne, les voitures électriques ont atteint 34,5 % des immatriculations neuves en septembre 2026, avec 88 600 véhicules, un niveau soutenu par une prime gouvernementale. Dans le même temps, les immatriculations de modèles essence y ont reculé de 29,2 % sur un an et celles des diesels de 20,1 % : la transformation du marché européen concerne aussi les motorisations traditionnelles.
Des ventes en hausse malgré un contexte économique tendu
Toutes motorisations confondues, 156 629 voitures neuves ont été immatriculées en France en septembre 2026, soit 11,6 % de plus qu’un an auparavant. La Plateforme automobile a souligné que septembre n’est habituellement pas un mois particulièrement fort, ce qui rend cette hausse notable dans un contexte de pouvoir d’achat contraint.
Près d’un automobiliste français sur trois envisage par ailleurs d’acheter un véhicule l’année suivante, selon l’observatoire Cetelem publié le 6 octobre. La fermeture du détroit d’Ormuz et la hausse des carburants ont aussi renforcé l’intérêt pour l’électrique, selon Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem, qui estime que la trajectoire vers le tout-électrique a gagné deux à trois ans sur le marché du neuf.
Les objectifs nationaux donnent une mesure du chemin restant : le gouvernement vise deux voitures neuves sur trois entièrement électriques en 2030, puis une part de 90 % en 2035. Au Mondial de l’Auto, l’enjeu est donc autant de présenter des modèles séduisants que de convaincre les visiteurs que leur prix, leur autonomie et leurs solutions de recharge correspondent à la vie réelle.
Quelle part des voitures neuves est électrique en France en 2026 ?
Depuis le début de 2026, les voitures électriques représentent environ 30 % des immatriculations neuves en France, avec près de 360 000 modèles immatriculés selon les données citées du SDES.
Les voitures électriques d’occasion progressent-elles aussi ?
Oui. De janvier à fin août 2026, 162 032 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, une hausse de 52 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Pourquoi le parc automobile reste-t-il majoritairement thermique ?
Le parc se renouvelle lentement : l’âge moyen des voitures en circulation approche douze ans. Même si les ventes neuves se tournent davantage vers l’électrique, les véhicules thermiques déjà en circulation restent nombreux.
Quels critères comparer avant d’acheter une voiture électrique ?
Il est utile de comparer le prix après aides, l’autonomie adaptée aux trajets, l’état de la batterie pour un modèle d’occasion, ainsi que l’accès aux bornes de recharge à domicile, au travail et sur les itinéraires réguliers.
