La crise des carburants accélère une évolution que les politiques publiques et les constructeurs préparaient depuis des années. En Belgique, septembre 2026 a marqué un seuil inédit : selon la Fédération belge de l’automobile et du cycle (Febiac), les voitures électriques à batterie ont représenté 50,9 % des immatriculations neuves. Pour la première fois, elles ont dépassé à elles seules l’ensemble des autres motorisations réunies sur un mois.
La hausse du prix du carburant, les règles fiscales favorables aux modèles zéro émission et l’arrivée de véhicules plus accessibles contribuent à ce changement. Les entreprises ouvrent la voie, mais les particuliers suivent aussi : les voitures électriques ont atteint 20,2 % de leurs immatriculations en septembre. Pour les automobilistes, le choix ne repose plus seulement sur l’environnement : le coût des trajets, la recharge à domicile et l’autonomie électrique entrent désormais directement dans le calcul. Ce basculement belge donne ainsi un aperçu des forces qui redessinent le marché automobile et l’essor de l’électromobilité.
Voitures électriques : un cap historique sur le marché belge
Au total, 32 124 voitures neuves ont été immatriculées en Belgique en septembre, soit 1,9 % de plus qu’un an auparavant. Mais c’est surtout la répartition des motorisations qui retient l’attention : après un précédent record de 46,2 % en août, les véhicules électriques à batterie ont franchi la barre symbolique de la moitié des nouvelles immatriculations.
Ce résultat concerne l’ensemble du marché, et non les seuls achats des particuliers. Les données de la Febiac montrent en effet un contraste marqué entre les entreprises, où l’électrique est déjà majoritaire, et les ménages, pour lesquels la transition avance plus progressivement. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large suivie par les immatriculations de voitures électriques en Belgique.
Les entreprises accélèrent la transition énergétique
Les sociétés et les indépendants constituent le moteur le plus puissant de cette progression : les BEV ont représenté 59 % de leurs immatriculations en septembre. La fiscalité belge y contribue fortement. Depuis le 1er janvier 2026, les voitures zéro émission peuvent encore bénéficier d’une déductibilité fiscale à 100 %, tandis que les voitures thermiques commandées cette année, hybrides comprises, n’ouvrent plus droit à cette déduction.
Un régime transitoire reste prévu pour certains véhicules commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 : leur déductibilité est plafonnée à 50 % en 2026, puis doit diminuer à 25 % en 2027 et à zéro en 2028. Pour une entreprise qui renouvelle sa flotte, le calcul du coût total de possession peut donc favoriser nettement l’électrique. Les conséquences de cette fiscalité sur les voitures électriques se lisent désormais dans les immatriculations.
| Indicateur en septembre 2026 | Résultat | Ce qu’il révèle |
|---|---|---|
| Immatriculations neuves | 32 124 | Une hausse de 1,9 % par rapport à septembre 2025 |
| Part des BEV sur le marché total | 50,9 % | Plus d’une voiture neuve sur deux était entièrement électrique |
| Part des BEV dans les immatriculations d’entreprises | 59 % | Les flottes professionnelles tirent fortement la transition |
| Part des BEV chez les particuliers | 20,2 % | La progression gagne aussi les ménages, à un rythme différent |
Ces pourcentages ne décrivent pas le même groupe d’acheteurs : la part de 50,9 % porte sur toutes les immatriculations neuves, tandis que les chiffres de 59 % et de 20,2 % distinguent respectivement les entreprises et les particuliers. Cette différence aide à comprendre pourquoi les achats professionnels ont pu faire franchir le seuil national avant que l’électrique ne devienne le premier choix de la majorité des ménages.
Crise des carburants : pourquoi les automobilistes revoient leur budget
La fiscalité n’explique pas seule le tournant. Depuis le début des frappes israélo-américaines contre l’Iran, le 28 février, les tensions géopolitiques et le blocage du détroit d’Ormuz ont accentué la pression sur les marchés pétroliers. Ce passage maritime voit transiter environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, ce qui rend les perturbations particulièrement sensibles pour les prix en Europe.
Selon les chiffres rapportés par la Febiac, l’essence a augmenté de 26,4 % et le diesel de 38,3 % depuis le début de cette période. Pour un conducteur effectuant un plein de 50 litres chaque semaine, la hausse représente environ 1 100 euros par an pour l’essence et 1 700 euros pour le diesel. La hausse du prix du carburant face au coût d’usage électrique transforme ainsi une tendance de fond en décision budgétaire immédiate.
De la pompe à la prise : un arbitrage devenu concret
Pour Nadia, indépendante à Liège, le choix d’une voiture électrique illustre ce changement : elle compare désormais le coût de ses déplacements professionnels aux dépenses récurrentes à la pompe. Si elle peut recharger chez elle, notamment avec des panneaux solaires, une partie de ses trajets peut revenir moins cher et dépendre moins des variations du pétrole.
Ce scénario ne signifie pas que l’électrique est automatiquement le meilleur choix pour chaque usage. Le coût de la recharge publique, la possibilité d’installer une borne et la longueur des trajets habituels restent déterminants. Mais lorsque les carburants deviennent imprévisibles, la mobilité électrique offre à certains automobilistes une meilleure visibilité sur leurs dépenses quotidiennes.
La Febiac observe aussi un effet de confiance : les particuliers peuvent s’appuyer sur l’expérience de conducteurs de voitures de société déjà passés à l’électrique. Pour évaluer plus largement les usages, l’entretien et les retours de fiabilité, il est utile de consulter les résultats des études de fiabilité sur les voitures électriques.
Des modèles plus abordables élargissent l’accès à l’électrique
Le troisième facteur tient à l’offre. Au début de l’ère électrique moderne, les constructeurs ont surtout lancé des modèles haut de gamme, souvent trop chers pour une grande partie des ménages. Le choix s’est depuis étoffé : d’après les données fournies, une soixantaine de voitures électriques sont désormais proposées sous les 40 000 euros, contre seulement 17 à la fin de 2023.
Trois modèles sont également cités sous le seuil des 20 000 euros : la Dacia Spring, la Renault Twingo et la Leapmotor T03. Ces tarifs annoncés rendent l’achat neuf plus envisageable pour certains foyers, même si le prix final dépend des versions, des équipements et des aides disponibles. L’essor des voitures électriques dépend donc aussi de leur capacité à sortir du seul segment premium.
Le marché de l’occasion et l’autonomie restent décisifs
Pour les ménages qui ne souhaitent pas acheter neuf, le marché de l’occasion peut offrir une porte d’entrée plus accessible. L’état de la batterie, son historique et l’autonomie réelle doivent toutefois être examinés avant l’achat : un modèle adapté aux trajets quotidiens ne conviendra pas nécessairement à de fréquents longs parcours. Les annonces et les conseils sur les voitures électriques d’occasion peuvent aider à comparer les offres.
La question de l’autonomie électrique ne se résume pas à la distance affichée par le constructeur. Le climat, la vitesse, le chauffage et la disponibilité des bornes influencent l’expérience. Pour une conductrice qui parcourt surtout des trajets réguliers en ville et en périphérie, une batterie plus modeste peut suffire ; pour les déplacements fréquents entre régions, l’accès à une recharge rapide devient un critère de choix aussi important que le prix.
Les ressorts de l’essor des voitures électriques
En Belgique, plusieurs éléments se combinent pour accélérer la transition. Ils ne pèsent pas de la même manière pour une société qui renouvelle sa flotte et pour un ménage qui cherche une voiture familiale, mais leur convergence contribue au changement observé en septembre.
- La fiscalité des flottes : les règles de déductibilité orientent les entreprises vers les véhicules zéro émission.
- La volatilité du prix du carburant : la hausse de l’essence et du diesel rend plus visible le coût annuel d’un véhicule thermique.
- Une offre plus accessible : davantage de modèles se situent sous les seuils de prix qui limitaient jusqu’ici l’achat électrique.
- L’expérience des conducteurs : les retours des utilisateurs professionnels peuvent rassurer les particuliers sur l’usage quotidien.
- Les conditions de recharge : une borne à domicile ou une solution pratique à proximité facilite le passage à la mobilité électrique.
La liste montre que la transition énergétique n’est pas portée par un facteur unique. Elle avance lorsque les règles économiques, l’offre automobile et les habitudes de déplacement se renforcent mutuellement ; le défi consiste maintenant à rendre cette équation viable pour un plus grand nombre de ménages.
Le tournant belge annonce-t-il une nouvelle norme automobile ?
Le franchissement des 50 % constitue un signal fort, mais il ne signifie pas que toutes les voitures en circulation sont déjà électriques : le chiffre concerne les nouvelles immatriculations du mois. Le renouvellement du parc prendra du temps, et les différences entre entreprises, particuliers et régions resteront importantes. L’accessibilité des modèles et le déploiement des infrastructures pèseront sur la suite de la progression.
Pour les automobilistes, la décision se joue désormais dans un ensemble de critères : prix d’achat, fiscalité, coût de l’énergie, autonomie électrique et accès à la recharge. La crise des carburants a accéléré le mouvement en rendant le coût des motorisations fossiles plus visible, tandis que l’offre électrique s’est diversifiée. En septembre, ces forces réunies ont fait basculer les immatriculations belges dans une nouvelle étape du marché automobile.
Quelle part des voitures neuves immatriculées en Belgique était électrique en septembre 2026 ?
Les voitures électriques à batterie ont représenté 50,9 % des immatriculations neuves en Belgique en septembre 2026, selon la Febiac. Ce chiffre concerne les nouvelles immatriculations du mois, et non l’ensemble du parc automobile en circulation.
Pourquoi les entreprises belges choisissent-elles davantage de voitures électriques ?
La fiscalité joue un rôle majeur : en 2026, les voitures zéro émission peuvent bénéficier d’une déductibilité fiscale à 100 %, tandis que les véhicules thermiques commandés cette année ne sont plus déductibles. Les coûts d’usage et les politiques de flotte contribuent également à ces choix.
La hausse du prix du carburant suffit-elle à expliquer l’essor des voitures électriques ?
Non. La crise des carburants renforce l’intérêt pour l’électrique, mais la fiscalité, l’élargissement de l’offre à des modèles plus abordables et l’expérience des utilisateurs jouent aussi un rôle important.
Quels points vérifier avant d’acheter une voiture électrique d’occasion ?
Il est utile de vérifier l’état et l’historique de la batterie, l’autonomie adaptée à ses trajets, les possibilités de recharge et le coût global du véhicule. Pour un modèle d’occasion, l’usage réel compte davantage que la seule autonomie annoncée à neuf.
